Dans la toile de l’araignée numérique

lundi 30 novembre 2020 par Pièces et main d'œuvre

Voici un film, “N’achetez rien, déconnectez-vous” (ici).
Et un texte, “L’invention de la théorie du complot” ().
Tout deux d’une frappante actualité, bien que nous ayions commis le premier en décembre 2018 et le second en avril 2007.

Si la direction de l’Hôpital National nous a concédé, au moins pour cette quinzaine commerciale, un permis de sortie élargi, nous n’irons pas, nous, acheter des machins connectés à la Fnac/Darty : tablettes, smartphones, liseuses électroniques, drones, enceintes connectées, consoles, etc. Il est déjà assez terrible d’en être réduits à s’adresser à ses contemporains par le biais d’Internet.

Nous on veut des livres en papier, des journaux et des bistrots pour en parler ; pas des écrans ni des “réseaux”.
On pourrait ainsi débattre directement, “en présentiel”, autour d’un verre ou d’un repas, de cette fameuse “théorie du complot” qui obsède les médias les plus respectables (groupe Le Monde, groupe Radio France) ; ainsi que leurs “experts” les plus diplômés et certifiés (P.-A Taguieff, Tristan Mendès-France, Rudy Reichstadt, Marie Peltier, etc).
Cela paraît difficile à croire, mais suivant les alertes et mises en garde de ces personnalités et de leurs institutions, les “réseaux” seraient infestés de complots et de comploteurs visant à répandre dans le public la défiance envers les élites, les autorités et leurs vérités officielles. Ces populistes, possédés d’un détestable esprit critique, se seraient mis en tête depuis 20 ans (mais certains disent depuis 50 ou 200 ans), de découvrir par eux-mêmes les causes matérielles et sociales, économiques et philosophiques, des fléaux de plus en plus massifs et de plus en plus fréquents qui accablent l’humanité : épidémies, canicules, sécheresses, nuisances, famines, catastrophes industrielles, etc.
C’en est au point où les autorités s’interrogent sur les moyens de ramener les citoyens à une saine croyance dans la parole étatique et scientifique ; et aussi de faire taire les comploteurs en supprimant leurs moyens d’expression.

En attendant cette heureuse issue, on peut toujours lire Terreur et possession. Enquête sur la police des populations à l’ère technologique de Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2008) d’où est extrait le chapitre “L’invention de la théorie du complot” (voir ici), et aussi bien sûr les Commentaires sur la société du Spectacle de Guy Debord (1988).