Orsay : le pseudo-débat nanos de la CNDP annulé par ses organisateurs même

mardi 26 janvier 2010 par Pièces et main d'œuvre

Nous apprenons à l’instant l’annulation du pseudo-débat public d’Orsay,
consacré par la CNDP aux technologies convergentes. Une fois n’est pas coutume, nous citons le communiqué intégral de la CNDP

"26/01/2010

Réunion publique à Orsay sur les nanotechnologies

Des dégradations matérielles contraignent la Commission particulière du débat public à annuler l’accueil du public dans la salle J. Tati ce soir à Orsay.

Un débat aura lieu sur Internet avec les intervenants prévus à partir de 20h00.

La salle municipale d’Orsay qui devait accueillir le débat public sur les nanotechnologies a été dégradée la nuit dernière (murs tagués de slogans antinanos et serrures endommagées). La CPDP se considère dans l’obligation d’annuler l’accueil du public dans cette salle, afin d’éviter tout risque pour la sécurité du public.

Un débat se tiendra sur Internet, avec les intervenants et selon le programme prévu.

La Commission regrette vivement d’être contrainte de prendre cette décision et invite le public à participer au débat sur Internet en posant ses questions et en exprimant ses positions en temps réel sur le site Internet http://www.debatpublic-nano.org et en simultané par téléphone au 0 800 649 451 (numéro vert).

Les interventions du public sur le site seront transmises et discutées avec les intervenants du débat."

Il est évident que des "murs taggés", même de "slogans antinanos" et
des "serrures endommagées" n’ont jamais constitué quelque risque que ce
soit pour la sécurité d’un public invité à débattre, et que la CNDP
s’est empressé de se saisir de ce prétexte pour éviter la douloureuse
répétition de ses fiascos, face à un vrai public, en corps et en voix,
révolté par sa campagne de promotion du Nanomonde.

En somme le pseudo-débat "sur Internet" et "en temps réel" aura lieu un
peu plus tôt que d’habitude, voilà tout, au soulagement des "experts"
de la CNDP délivrés de l’épreuve d’affronter les quolibets, boulettes
de papier et slogans d’un public réel. Il est parfaitement harmonieux
que cet événement consacré aux "technologies convergentes " ait
lieu sur la toile et en visioconférence, à l’image de la virtualisation
et de la numérisation croissantes de nos vies.

Il est piquant que cette réunion d’apologie de "l’humanité augmentée"
ait lieu précisément dans une salle nommée "Jacques Tati".
Magie de la novlangue contemporaine qui nous offrira bien un centre
pénitentiaire "Louise Michel". Pour la perfection de la
plaisanterie, il ne manquerait plus que la machinerie (caméras,
circuits informatiques et télévisuels, régie) mise en place à des coûts
exorbitants par la CNDP, précisément pour éliminer le public et se
réfugier dans la communication virtuelle, tombe en panne par l’une de
ces cascades d’incidents dont ces engins ont le secret. C’est alors que
pour le coup, on croirait au retour de "Mon Oncle", de son fantôme
indigné par le dévoiement dont il fait l’objet, et sabotant lui-même la
machine, avec sa grâce pleine d’inadvertance.

Ce serait évidemment trop beau. A défaut, on ne doute pas que les
auteurs de ces facéties dont la CNDP fait tant d’usage et de tapage,
sauront trouver les mots et les moyens d’exprimer eux-mêmes leurs
motifs.

Grenoble, le 26 janvier 2010

Pièces et Main d’oeuvre