Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà).
Nous sommes submergés depuis plusieurs années par un brouhaha médiatique croissant à propos de l’« intelligence artificielle », de ses « coûts et bénéfices » supposés, de ses « perspectives » bénéfiques ou maléfiques, de ses innombrables applications et conséquences, des façons de l’« encadrer » ou de s’y « adapter », moyennant l’adjonction d’épithètes salvateurs. Ainsi l’« IA » ne serait plus seulement « intelligente » et « artificielle », mais aussi - ce qui change tout - « verte », « inclusive », « éthique », « sociale », etc.
La fonction, sinon l’objectif de ce brouhaha, est d’imposer l’« IA » dans les esprits comme ses promoteurs l’imposent déjà dans le monde ; comme un fait accompli et irréversible. Nocive ou non, l’« IA » gouverne déjà le monde-machine et ses machins. Dès lors, à quoi bon s’épuiser à la critiquer, ou même à en lire les critiques. Il en est de l’« IA » comme de tous les putschs technologiques l’ayant précédée. Les chiens aboient, la machine passe, quitte à leur passer dessus.
L’autre effet de ce brouhaha est de si bien brouiller la discussion qu’il décourage l’envie d’en connaître les termes. Trop compliqué, trop de bruit et de lectures. Trop-plein.
Si vous n’avez rien lu, ou si vous avez trop lu sur l’« IA », voici a contrario un relevé clair et sommaire de ses ravages rédigé par un physicien de nos lecteurs. Un résumé presque rafraîchissant de simplicité, nonobstant le sujet maussade et embrouillé à dessein.
Contrairement à ce que laisse entendre cette dénomination falsifiée d’« intelligence artificielle », forgée en 1956 pour farder et camoufler ce qui n’était à l’inverse que du calcul machine, l’« IA » n’est pas à l’intelligence des déficients ce qu’une canne ou une prothèse est aux boiteux et aux unijambistes ; une aide à penser en dépit du handicap pour les personnes en situation de connerie.
– Bien au contraire. Cette fausse « intelligence » rend irrémédiablement cons ses consommateurs, de même qu’une combinaison de malbouffe, d’écrans sur canapé et de déplacements motorisés les rend infirmes et obèses. En bref, quel que soit le sens donné à ce mot très disputé d’« intelligence », l’« IA » est une machine à rendre con. Mais ce n’est là que le premier de la douzaine de points ici considérés.
L’auteur. Cédric Mulet-Marquis revient de loin ; d’une école d’ingénieurs à Grenoble pour être précis, suivie d’une thèse en physique des particules. Passons sur l’étude des pulsations stellaires et les différents postes occupés pour se retrouver au bout de 25 ans de carrière TZR (Titulaire sur Zone de Remplacement), professeur de physique en lycée, à Saumur. Ayant, comme beaucoup, milité jusqu’en 2017 dans divers partis de gauche, Cédric Mulet-Marquis pourrait nous en dire long à leur sujet, mais, bref, l’essentiel est qu’il soit revenu à son goût de jeunesse pour la philosophie d’Epicure et sa classification des plaisirs (naturels et nécessaires, naturels et non nécessaires, non naturels et non nécessaires). Une autre fois, peut-être, on parlera de ses livres.
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