Disponible en librairie : Les Esperados, et Notre Bibliothèque Verte (trois volumes). Voir ici et


Giono traverse la guerre entre deux prisons. La première, du 14 septembre au 11 novembre 1939 ; la seconde, du 8 septembre 1944 au 31 janvier 1945. Qu’a-t-il fait entre ces deux prisons pour être ainsi passé de l’une à l’autre ?
Il a vécu. Il a nourri les siens, Élise et lui, leurs filles, leurs mères, un oncle, un cousin ; et les autres, juifs et déserteurs allemands, résistants et réfractaires du S.T.O, amis de passage. Quinze bouches à table. Il en a hébergés, entretenus. Il a tenté, et parfois réussi à en sauver certains. Il a aimé Blanche et subi les joies et les affres d’une passion torturée. Il a saigné des romans. Il a joué au plus malin lors de ses deux voyages à Paris avec elle, se laissant trop choyer par les écrivains et les journalistes de la Collaboration croisés lors de ces visites.

Du reste, il s’en fiche. Aucun gouvernement au monde ne pourra jamais lui donner cette après-midi de neige qu’il voit tomber sur les toits, depuis la fenêtre de son pigeonnier.

Rien n’y fait. « Y’a pas de fumée sans feu », « y’a que la vérité qui blesse », etc. Invincible mauvaise joie de la médisance envers celui qu’on envie. Giono fut envié et calomnié à un point exceptionnel dans son pays de Manosque, mais aussi par les porte-plumes du parti communiste (Claude Morgan, Tristan Tzara), suscitant contre lui une fielleuse convergence des mensonges.
Certes, il n’était pas René Char, alias capitaine Alexandre, le poète guerrier qui dirigea entre Céreste et Forcalquier, l’Armée Secrète et la Section Atterrissage Parachutage (SAP) des Basses-Alpes. Mais qui, parmi les écrivains, s’est hissé à la hauteur de René Char, hormis Romain Gary et Saint Exupéry ?

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