En librairie : Nord c’est noir, par Tomjo, et De la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique, par Marius Blouin.
Voici le troisième et dernier chapitre lyonnais de cette histoire de l’industrialisme. Les canuts se révoltent en novembre 1831 pour le « tarif minimum », leurs drapeaux noirs exhibant leur terrible devise, « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Échec et nouvelle révolte en avril 1834, instiguée en sous-main par les républicains. Ces deux insurrections signent l’acte de naissance du mouvement ouvrier en tant qu’il est conscient de ses intérêts propres, et qu’ils s’opposent à ceux des « fabricants », leurs employeurs, bientôt nommés « le Capital ».
Deux décennies durant, Lyon est le centre du radicalisme ouvrier qui se cherche un nom et une doctrine : babouvisme ? socialisme ? communisme ? anarchie ? Patrons artisans, ouvriers lettrés et raisonneurs, en débattent dans leurs sociétés et leurs journaux. Les canuts n’étaient pas des briseurs de machines comme leurs collègues de Vienne (Isère) en 1819, ou les luddites anglais des années 1811-1813, ou encore les Bruxellois de la « Révolution nationale » de 1830 ; mais des syndicalistes à main armée. Des machines, ils en avaient, ils en usaient, ils les perfectionnaient. Ce sont elles qui ont eu le dernier mot et la peau de ceux qui avaient cru s’en servir au lieu d’y être asservis.
1848 marque deux catastrophes. La publication du Manifeste du Parti communiste en février, en allemand, et à Londres, plagiat éhonté du Manifeste de la démocratie de Considerant (1843), annonce la mainmise des « socialistes scientifiques » sur le mouvement ouvrier international ; tandis qu’à Paris, les massacres de Juin (4000 morts) écrasent la dernière insurrection avant la Commune de 1871. Les deux classes émergentes de la « révolution industrielle », bourgeoisie financière et bourgeoisie technicienne, l’avoir et le savoir, la banque et la technocratie, la droite et la gauche machinistes asservissent le pouvoir d’Etat - le gouvernement, l’administration, l’armée - à l’expansion de leur puissance. C’est ce moment de bascule qui est ici évoqué.
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Chapitres 1 à 3.
Chapitres 4 et 5.
Chapitre 6.
Chapitre 7.
Chapitre 8.
Chapitre 9.
Chapitre 10.
Chapitre 11.
Chapitre 12.
Chapitre 13.
Chapitre 14.
Chapitre 15.
Chapitre 16.
Chapitre 17.