Une aporie, c’est quand on ne sait pas comment s’en sortir. Par exemple, comment sortir de la course à la puissance suicidaire, qui ravage le monde et ses habitants, sans utiliser les moyens de la puissance ni succomber à ceux qui les utilisent ?
On s’interroge. On interroge Margot, qui se trouve être historienne et ethnologue, et néanmoins lectrice de Pièces et main d’œuvre. Aussitôt, ça se complique. Margot - Margaret Manale - remonte au « fonctionnalisme », un concept issu de l’avant-garde architecturale des années 20 (Gropius, le Bauhaus, la « machine à habiter »), avant d’infester toutes sortes de sciences et de pensées, et notamment les recherches en « intelligence artificielle ». Elle nous retrace son essor dans les années 50 autour d’une idée centrale : l’esprit n’est plus défini par ce qu’il est, mais par ce qu’il fait. Soit, sa réduction au fonctionnement d’un système. Ce qui permet sa modélisation et l’amalgame homme/machine. Voyez l’entretien ci-dessous pour le détail de ce processus.
Et l’aporie ? Et l’issue de secours ?... Margot n’en sait rien non plus, mais elle nous crédite de « la posture la plus radicalement anti-fonctionnaliste qui soit » : celle qui résiste au conformisme de l’échappatoire optimiste.
(Pour lire l’entretien, ouvrir le PDF ci-dessus.)
Lire aussi :
– À propos de l’intelligence artificielle
– Sur les machines à mentir et ceux qui leur enseignent à le faire