Clinatec : corps-machine, masque "humain"

dimanche 10 mai 2015 par Pièces et main d’œuvre

(Pour lire Clinatec : corps-machine, masque humain, ouvrir le document en bas de page.)

Michel Destot, ancien maire socialo-nucléaire de Grenoble, invite son ami Jean Peyrelevade à visiter les laboratoires locaux des technologies convergentes. Jean Peyrelevade, polytechnicien, ancien conseiller du premier ministre Pierre Mauroy (1983, « le tournant de la rigueur », c’est lui), ancien patron d’Etat (Suez, Crédit Lyonnais), mais toujours banquier d’affaires, fréquente les dîners du Siècle, ce club de propriétaires de la République, tout comme Jean Therme, patron du CEA-Minatec et co-fondateur avec le neurotechnologue Alim-Louis Benabid, de Clinatec, « la clinique pour nous mettre des nanos dans la tête ». Alim-Louis Benabid figure sur les listes et dans les comités de soutien à Michel Destot et Geneviève Fioraso (l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche), lors des élections locales. Rien de choquant, ce sont tous des progressistes et des gens de gauche.

Ces progressistes ont un grief envers Eric Piolle, l’actuel maire écolo-technocrate de Grenoble, soupçonné de ne pas avoir pour le Progrès et la Science la dévotion de son prédécesseur. Il ne lâcherait pas autant d’argent public pour financer l’avènement de l’espèce supérieure des cyborgs et des surhommes-machines.

Jean Peyrelevade le pourfend d’une tribune dans Les Echos (à lire ici), le quotidien des affaires et de la gauche progressiste. Intitulée Les Verts et le Progrès, cette diatribe accuse Eric Piolle d’avoir succombé à l’influence anarcho-obscurantiste des luddites de Pièces et main d’œuvre. En pénitence et en signe de repentir, Jean Peyrelevade lui suggère de faire à son tour le pèlerinage de Clinatec, où l’on œuvre aux miracles à venir : les aveugles verront, les paralytiques marcheront, etc.

Nous avons suivi l’injonction de Peyrelevade et nous sommes retournés à Clinatec. Pas en personnes bien sûr. Alim-Louis Benabid nous accuse publiquement d’intentions terroristes (lire Le professeur Benabid victime d’Alzheimer ?) Mais la beauté du monde virtuel, vous savez bien, c’est qu’on peut y trouver des informations qu’on ne trouverait jamais irl (In Real Life), à contempler de pauvres macaques sanglés, charcutés, hérissés d’électrodes et de perfusions.

On y découvre par exemple le plan de communication et les pompes à phynance de Clinatec.
On y découvre les liens – désormais officiels - entre Benabid, Clinatec et les milliardaires transhumanistes de la Silicon Valley. On y découvre l’identité entre le transhumanisme et les technologies convergentes (NBIC). Quant à la banalisation du transhumanisme, elle s’étale dans les medias et dans l’absence de résistance des simples humains, ces animaux dits « politiques ». L’eugénisme technologique est devenu une option à discuter parmi d’autres.

70 ans après la chute de l’hitlérisme, de ses démences de « race supérieure » et de « Reich de mille ans », dont on nous obsède tant ces jours-ci, la prévalence d’un nazisme scientifique dans les laboratoires ne heurte plus que les esprits rétrogrades, au contraire des progressistes, des beaux esprits de la French Theory et du féminisme cyborg, qui y voient le moyen d’en finir avec le corps humain, donné, inné, pour lui substituer une auto-construction en kit. « L’ère de l’homme augmenté a débuté », annoncent Les Echos. Clinatec peut sortir de l’ombre sans risque de trouble d’opinion.

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