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	<title>Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre</title>
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	<description>Ce site ouvert par des citoyens grenoblois expose des contributions locales aux d&#233;bats sur des questions globales.</description>
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		<title>Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre</title>
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		<title>Origine du Sars-Cov2 : le CNRS partage les doutes de notre comit&#233; scientifique</title>
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		<dc:date>2020-10-27T22:07:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Journal du CNRS</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Nos lecteurs se souviennent que d&#232;s le mois de juin 2020, nous, Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre, avons &#233;tudi&#233; l'hypoth&#232;se d'une fuite accidentelle de laboratoire pour expliquer l'origine de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 (voir liens ci-dessous). Notre comit&#233; scientifique nous apportant des &#233;l&#233;ments troublants en ce sens. El&#233;ments et trouble que le comit&#233; Rantaplan du &lt;i&gt;Journal du CNRS&lt;/i&gt; vient de r&#233;v&#233;ler, six mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'origine du SARS-CoV-2 se pose s&#233;rieusement
&lt;p&gt;Un article du Journal du CNRS (27 octobre 2020 (&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-question-de-lorigine-du-sars-cov-2-se-pose-serieusement?fbclid=IwAR2iT-rtDr_Pi2GuYk5Mo5IxZOzD5N46Ie-nEexu5nCDoySMgssVbTz4MaE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#232;s d'un an apr&#232;s que l'on a identifi&#233; le coronavirus SARS-CoV-2, les chercheurs n'ont toujours pas d&#233;termin&#233; comment il a pu se transmettre &#224; l'esp&#232;ce humaine. Le virologue &#201;tienne Decroly fait le point sur les diff&#233;rentes hypoth&#232;ses, dont celle de l'&#233;chappement accidentel d'un laboratoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tandis qu'on assiste &#224; une course de vitesse pour la mise au point de vaccins ou de traitements, pourquoi est-il si important de conna&#238;tre la g&#233;n&#233;alogie du virus qui provoque la pand&#233;mie de Covid-19 ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;tienne Decroly(&lt;/strong&gt;1) : SARS-CoV-2, qui a rapidement &#233;t&#233; identifi&#233; comme le virus &#224; l'origine de la Covid-19 est, apr&#232;s le SARS-CoV en 2002 et le MERS-CoV en 2012, le troisi&#232;me coronavirus humain responsable d'un syndrome respiratoire s&#233;v&#232;re &#224; avoir &#233;merg&#233; au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es. On conna&#238;t d&#233;sormais bien cette famille de virus qui circulent principalement chez les chauves-souris, et dont le transfert zoonotique provoque &#233;pisodiquement des &#233;pid&#233;mies chez l'homme. Il est donc crucial de comprendre comment ce virus a pass&#233; la barri&#232;re d'esp&#232;ce et est devenu hautement transmissible d'homme &#224; homme. L'&#233;tude des m&#233;canismes d'&#233;volution et des processus mol&#233;culaires impliqu&#233;s dans l'&#233;mergence de ce virus pand&#233;mique est essentielle afin de mieux nous pr&#233;munir des &#233;mergences potentielles de ces virus, et pour &#233;laborer des strat&#233;gies th&#233;rapeutiques et vaccinales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s les premi&#232;res semaines de la pand&#233;mie, alors qu'on ne savait encore pas grand-chose du virus, sa probable origine animale a tr&#232;s vite &#233;t&#233; point&#233;e. Pourquoi a-t-on d'embl&#233;e privil&#233;gi&#233; cette piste, et a-t-elle &#233;t&#233; confirm&#233;e depuis ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. L'origine zoonotique des coronavirus, qui infectent pr&#232;s de 500 esp&#232;ces de chauves-souris, &#233;tait d&#233;j&#224; bien document&#233;e &#224; partir des &#233;mergences pr&#233;c&#233;dentes. Dans la nature, des populations de chauves-souris partagent les m&#234;mes grottes, et diff&#233;rentes souches virales peuvent alors infecter simultan&#233;ment le m&#234;me animal, ce qui favorise les recombinaisons g&#233;n&#233;tiques entre virus et leur &#233;volution. Certaines souches sont parfois aptes &#224; franchir la barri&#232;re d'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant les s&#233;quences g&#233;nomiques d'&#233;chantillons viraux de diff&#233;rents malades infect&#233;s par SARS-CoV-2, on a observ&#233; un taux d'identit&#233; de 99,98 %, ce qui montrait que cette souche virale avait &#233;merg&#233; tr&#232;s r&#233;cemment chez l'homme. On a par ailleurs rapidement d&#233;couvert que ce g&#233;nome &#233;tait &#224; 96 % identique &#224; celui d'un virus de chauve-souris (RaTG13) collect&#233; en 2013 &#224; partir de f&#232;ces de l'animal et dont les s&#233;quences ne sont connues que depuis le mois de mars 2020. Nous avons par ailleurs remarqu&#233; qu'une s&#233;quence de ce g&#233;nome &#233;tait totalement identique &#224; un fragment de 370 nucl&#233;otides s&#233;quenc&#233; d&#232;s 2016 &#224; partir d'&#233;chantillons collect&#233;s en 2013 dans une mine de la province du Yunnan, o&#249; trois mineurs avaient succomb&#233; &#224; une pneumonie s&#233;v&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
SARS-CoV-2 ne descend pas de souches humaines connues et n'a acquis que r&#233;cemment la capacit&#233; de sortir de son r&#233;servoir animal naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, en analysant les s&#233;quences des autres coronavirus humains connus, on ne rel&#232;ve que 79 % d'identit&#233; g&#233;n&#233;tique entre SARS-CoV-1 et SARS-CoV-2, et seulement 50 % en ce qui concerne MERS-CoV. Pour faire bref, le SARS-CoV-2 est g&#233;n&#233;tiquement plus proche de souches virales qui ne se transmettaient jusqu'alors qu'entre chauves-souris. Il ne descend pas de souches humaines connues et n'a acquis que r&#233;cemment la capacit&#233; de sortir de son r&#233;servoir animal naturel qui est probablement la chauve-souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'il est &#233;tabli que la Covid-19 nous vient de la chauve-souris, pourquoi son origine reste-elle l'objet de controverses ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. Aucune &#233;pid&#233;mie li&#233;e &#224; la transmission directe de la chauve-souris &#224; l'homme n'ayant &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e &#224; ce jour, on pense que la transmission &#224; l'homme doit plut&#244;t s'effectuer via une esp&#232;ce h&#244;te interm&#233;diaire dans laquelle les virus peuvent &#233;voluer puis &#234;tre s&#233;lectionn&#233;s vers des formes susceptibles d'infecter des cellules humaines. Afin d'identifier cette esp&#232;ce interm&#233;diaire, on examine habituellement les relations phylog&#233;n&#233;tiques entre le nouveau virus et ceux provenant d'esp&#232;ces animales vivant pr&#232;s de la r&#233;gion d'&#233;mergence ; c'est cette m&#233;thode qui a permis d'&#233;tablir que la civette a &#233;t&#233; probablement l'h&#244;te interm&#233;diaire du SARS-CoV au d&#233;but des ann&#233;es 2000, et le dromadaire celui du MERS-CoV dix ans plus tard. La d&#233;couverte dans le g&#233;nome de coronavirus infectant des pangolins d'une courte s&#233;quence g&#233;n&#233;tique codant pour le domaine de reconnaissance du r&#233;cepteur ACE-2, apparent&#233; &#224; celle qui permet &#224; SARS-CoV-2 de p&#233;n&#233;trer les cellules humaines, a un temps fait penser qu'on tenait un possible h&#244;te interm&#233;diaire, mais le restant de son g&#233;nome est trop distant du SARS-CoV-2 pour &#234;tre un anc&#234;tre direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SARS-CoV-2 aurait ainsi pu r&#233;sulter de recombinaisons multiples entre diff&#233;rents CoV circulant chez le pangolin et la chauve-souris, ce qui aurait conduit &#224; une adaptation ayant rendu possible la transmission du virus &#224; l'homme. La pand&#233;mie de Covid-19 proviendrait secondairement du contact avec l'h&#244;te interm&#233;diaire, &#233;ventuellement vendu sur le march&#233; de Wuhan. Cette hypoth&#232;se pose cependant de nombreux probl&#232;mes. Tout d'abord &#224; cause de la g&#233;ographie : les &#233;chantillons viraux de chauves-souris ont &#233;t&#233; recueillis dans le Yunnan, &#224; pr&#232;s de 1 500 km du Wuhan o&#249; a &#233;clat&#233; la pand&#233;mie. Ensuite pour une raison &#233;cologique : chauves-souris et pangolins &#233;voluent dans des &#233;cosyst&#232;mes diff&#233;rents et on se demande &#224; quelle occasion leurs virus auraient pu se recombiner. Et surtout, on note que le taux d'identit&#233; entre les s&#233;quences de SARS-CoV-2 et celles issues du pangolin n'atteint que 90,3 %, ce qui est bien inf&#233;rieur aux taux habituellement observ&#233;s entre les souches infectant l'homme et celles infectant l'h&#244;te interm&#233;diaire. Par exemple, le g&#233;nome du SARS-CoV et celui de la souche de civette dont il descendait partagent 99 % d'identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous en dire plus sur cette s&#233;quence de reconnaissance du r&#233;cepteur cellulaire et le m&#233;canisme d'entr&#233;e du virus dans les cellules ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. Il faut pour cela revenir aux caract&#233;ristiques biologiques des coronavirus. Leur g&#233;nome contient un g&#232;ne S codant pour la prot&#233;ine Spike, qui entre dans la composition de l'enveloppe du virus et donne aux coronavirus leur forme typique de couronne. La prot&#233;ine Spike joue un r&#244;le fondamental dans la capacit&#233; d'infection du virus car elle contient un domaine, appel&#233; RBD, qui a pour caract&#233;ristique de se lier sp&#233;cifiquement &#224; certains r&#233;cepteurs (ACE2) situ&#233;s &#224; la surface des cellules infectables : c'est l'&#233;tablissement de cette liaison qui favorise ensuite la p&#233;n&#233;tration du virus dans la cellule. L'affinit&#233; du domaine RBD pour les r&#233;cepteurs ACE2 d'une esp&#232;ce donn&#233;e est un facteur d&#233;terminant de la capacit&#233; d'infection du virus de cette esp&#232;ce. Chez l'homme, ce r&#233;cepteur est largement exprim&#233; et on le retrouve par exemple &#224; la surface des cellules pulmonaires ou intestinales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en analysant les bases de donn&#233;es de coronavirus qu'il a &#233;t&#233; possible d'identifier que la s&#233;quence g&#233;n&#233;tique codant pour le domaine RBD du SARS-CoV-2 &#233;tait tr&#232;s proche de celle du coronavirus infectant le pangolin. Cette observation sugg&#232;re que la prot&#233;ine Spike du CoV infectant le pangolin a une bonne affinit&#233; pour le r&#233;cepteur ACE2 humain, ce qui aurait pu permettre au virus de pangolin d'infecter plus efficacement les cellules humaines que le virus de chauves-souris. Toutefois, pour les raisons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es, une majorit&#233; de chercheurs estiment d&#233;sormais que le pangolin n'a probablement pas jou&#233; de r&#244;le dans l'&#233;mergence de SARS-CoV2. L'hypoth&#232;se actuellement privil&#233;gi&#233;e est qu'il s'agit plut&#244;t d'une &#233;volution convergente et ind&#233;pendante du domaine RBD dans les deux lign&#233;es virales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il des indices pointant vers d'autres candidats au r&#244;le d'h&#244;te interm&#233;diaire ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D.&lt;/strong&gt; Dans les zoonoses, les h&#244;tes interm&#233;diaires se retrouvent g&#233;n&#233;ralement parmi les animaux d'&#233;levage ou sauvages en contact avec les populations. Or, en d&#233;pit des recherches de virus dans les esp&#232;ces animales vendues sur le march&#233; de Wuhan, aucun virus interm&#233;diaire entre RaTG13 et le SARS-CoV-2 n'a pu &#234;tre identifi&#233; &#224; ce jour. Tant que ce virus interm&#233;diaire n'aura pas &#233;t&#233; identifi&#233; et son g&#233;nome s&#233;quenc&#233;, la question de l'origine de SARS-CoV-2 restera non r&#233;solue. Car en l'absence d'&#233;l&#233;ments probants concernant le dernier interm&#233;diaire animal avant la contamination humaine, certains auteurs sugg&#232;rent que ce virus pourrait avoir franchi la barri&#232;re d'esp&#232;ce &#224; la suite un accident de laboratoire ou &#234;tre d'origine synth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pensez que le SARS-CoV-2 est sorti d'un laboratoire ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. On ne peut &#233;liminer cette hypoth&#232;se, dans la mesure o&#249; le SARS-CoV qui a &#233;merg&#233; en 2003 est sorti au moins quatre fois de laboratoires lors d'exp&#233;rimentations. Par ailleurs, il faut savoir que les coronavirus &#233;taient largement &#233;tudi&#233;s dans les laboratoires proches de la zone d'&#233;mergence du SARS-CoV-2 qui d&#233;siraient entre autres comprendre les m&#233;canismes de franchissement de la barri&#232;re d'esp&#232;ce. Toutefois, pour l'instant, les analyses fond&#233;es sur la phylog&#233;nie des g&#233;nomes complets de virus ne permettent pas de conclure d&#233;finitivement quant &#224; l'origine &#233;volutive du SARS-CoV-2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dispose de trois grands types de sc&#233;narii pour expliquer comment SARS-CoV-2 a acquis son potentiel &#233;pid&#233;mique. Premi&#232;rement, il s'agit d'une zoonose. La Covid-19 est due au franchissement r&#233;cent de la barri&#232;re d'esp&#232;ce par le coronavirus. Dans ce cas, on doit retrouver un virus plus proche que RaTG13 dans une esp&#232;ce domestique ou d'&#233;levage. Pour rappel, ce n'est toujours pas le cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me sc&#233;nario, il pourrait &#233;galement s'agir d'un coronavirus diff&#233;rent de SARS-CoV ou de MERS-CoV, qui se serait adapt&#233; &#224; l'homme il y a d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es, qui aurait circul&#233; jusqu'ici &#224; bas bruit, et qu'une mutation r&#233;cente aurait rendu plus transmissible d'homme &#224; homme. Pour &#233;tayer ce cas de figure, il faudrait pouvoir analyser les &#233;chantillons viraux de personnes d&#233;c&#233;d&#233;es de pneumonies atypiques dans la zone d'&#233;mergence avant le d&#233;but de la pand&#233;mie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, il reste la possibilit&#233; que Sars-CoV-2 descende d'un virus de chauves-souris isol&#233; par les scientifiques lors des collectes de virus et qui se serait adapt&#233; &#224; d'autres esp&#232;ces au cours d'&#233;tudes sur des mod&#232;les animaux en laboratoire ; laboratoire dont il se serait ensuite &#233;chapp&#233; accidentellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette derni&#232;re hypoth&#232;se ne risque-t-elle pas de conforter les discours complotistes sur la pand&#233;mie de Covid-19 ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. &#201;tudier l'origine de SARS-CoV-2 est une d&#233;marche scientifique qui ne peut &#234;tre assimil&#233;e &#224; une th&#232;se complotiste. De plus, j'insiste sur le fait que, tant qu'on n'aura pas trouv&#233; l'h&#244;te interm&#233;diaire, cette hypoth&#232;se d'un &#233;chappement accidentel ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e par la communaut&#233; scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, les &#233;tudes scientifiques n'ont apport&#233; aucun &#233;l&#233;ment d&#233;finitif qui d&#233;montrerait cette hypoth&#232;se ; il n'en demeure pas moins que des analyses plus approfondies sont n&#233;cessaires pour trancher. La question de l'origine naturelle ou synth&#233;tique du SARS-CoV-2 ne doit pas d&#233;pendre d'un agenda politique ou de logiques de communication. Elle m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e &#224; la lumi&#232;re des donn&#233;es scientifiques &#224; notre disposition. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude des m&#233;canismes d'&#233;volution impliqu&#233;s dans l'&#233;mergence de ce virus est essentielle pour &#233;laborer des strat&#233;gies th&#233;rapeutiques et vaccinales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos hypoth&#232;ses doivent &#233;galement tenir compte de ce qu'il est actuellement possible de r&#233;aliser dans les laboratoires de virologie ; et du fait que dans certains laboratoires, la manipulation du g&#233;nome de virus potentiellement pathog&#232;nes est une pratique courante, notamment pour &#233;tudier les m&#233;canismes de franchissement de la barri&#232;re d'esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, de nombreux sites complotistes se r&#233;f&#232;rent aux affirmations de Luc Montagnier qui explique que SARS-CoV-2 serait une chim&#232;re virale cr&#233;&#233;e dans un laboratoire chinois entre un coronavirus et le virus de l'immunod&#233;ficience humaine (VIH). Cette th&#233;orie est-elle s&#233;rieuse ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;E. D&lt;/strong&gt;. Elle n'est en tout cas plus consid&#233;r&#233;e comme telle par les sp&#233;cialistes, qui en ont r&#233;fut&#233; les principales conclusions. N&#233;anmoins, elle part d'une observation tout &#224; fait s&#233;rieuse et importante pour la compr&#233;hension du m&#233;canisme d'infection de SARS-CoV-2 : Il a &#233;t&#233; d&#233;couvert que le g&#232;ne codant la prot&#233;ine Spike contient quatre insertions de courtes s&#233;quences que l'on ne retrouve pas chez les CoV humains les plus proches g&#233;n&#233;tiquement. Ces insertions conf&#232;rent probablement des propri&#233;t&#233;s remarquables &#224; la prot&#233;ine Spike de SARS-CoV-2. Des &#233;tudes structurales indiquent que les trois premi&#232;res insertions sont localis&#233;es sur des domaines expos&#233;s de la prot&#233;ine S et jouent donc probablement un r&#244;le dans l'&#233;chappement du virus au syst&#232;me immunitaire de l'h&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me insertion est plus r&#233;cente et fait appara&#238;tre un site sensible aux furines, des enzymes prot&#233;ases produites par les cellules de l'h&#244;te. Il est aujourd'hui clairement d&#233;montr&#233; que le clivage de Spike par les furines induit un changement de conformation favorisant la reconnaissance du r&#233;cepteur cellulaire ACE2. S'interrogeant sur l'origine de ces insertions, des chercheurs ont affirm&#233; dans une pr&#233;publication qu'au niveau de ces s&#233;quences, la prot&#233;ine Spike de SARS-CoV-2 pr&#233;senterait des similarit&#233;s troublantes avec des s&#233;quences de fragments du virus VIH-1. Tr&#232;s critiqu&#233; pour ses faiblesses m&#233;thodologiques et ses erreurs d'interpr&#233;tation, l'article a &#233;t&#233; retir&#233; du site bioRxiv.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se serait donc rest&#233;e anecdotique si, en avril 2020, Luc Montagnier, prix Nobel de m&#233;decine pour ses travaux sur le VIH, ne l'avait relanc&#233;e en proclamant que ces insertions ne r&#233;sulteraient pas d'une recombinaison naturelle ou d'un accident, mais d'un vrai travail de g&#233;n&#233;tique, effectu&#233; intentionnellement, vraisemblablement dans le cadre de recherches visant &#224; d&#233;velopper des vaccins contre le VIH. Ces affirmations ont une nouvelle fois &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;es par des analyses biostatistiques qui ont montr&#233; que les s&#233;quences similaires entre VIH et SARS-CoV-2 &#233;taient trop courtes (10 &#224; 20 nucl&#233;otides sur un g&#233;nome qui en compte 30 000) et que cette ressemblance &#233;tait vraisemblablement fortuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, devant la difficult&#233; &#224; comprendre l'origine de ce virus, nous avons conduit des analyses phylog&#233;n&#233;tiques en collaboration avec des bio-informaticiens et des phylog&#233;n&#233;ticiens. Leurs r&#233;sultats montrent que trois des quatre insertions que l'on observe chez le SARS-CoV-2 se retrouvent chacune dans des souches plus anciennes de coronavirus. Notre &#233;tude indique de fa&#231;on certaine que ces s&#233;quences sont apparues ind&#233;pendamment, &#224; diff&#233;rents moments de l'histoire &#233;volutive du virus. Ces donn&#233;es invalident l'hypoth&#232;se d'une insertion r&#233;cente et intentionnelle de ces quatre s&#233;quences par un laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la 4e insertion qui fait appara&#238;tre un site de prot&#233;olyse furine chez le SARS-CoV-2 absente dans le reste de la famille des SARS-CoV. On ne peut donc pas exclure que cette insertion r&#233;sulte d'exp&#233;riences visant &#224; permettre &#224; un virus animal de passer la barri&#232;re d'esp&#232;ce vers l'homme dans la mesure o&#249; il est bien connu que ce type d'insertion joue un r&#244;le cl&#233; dans la propagation de nombreux virus dans l'esp&#232;ce humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment sortir de cette incertitude ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D.&lt;/strong&gt; Le g&#233;nome de SARS-CoV-2 est un puzzle combinatoire et les m&#233;canismes de recombinaison des virus animaux ayant permis une telle &#233;mergence demeurent &#233;nigmatiques. Pour comprendre sa gen&#232;se, il est donc n&#233;cessaire d'intensifier la collecte d'&#233;chantillons chez des esp&#232;ces sauvages ou domestiques. L'&#233;ventuelle d&#233;couverte de virus animaux pr&#233;sentant une tr&#232;s forte similarit&#233; avec SARS-CoV-2 fournirait un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour valider son origine naturelle. Par ailleurs, des analyses bio-informatiques plus pouss&#233;es pourraient permettre de r&#233;v&#233;ler des traces &#233;ventuelles de manipulation g&#233;n&#233;tique, ce qui plaiderait &#224; l'inverse pour une origine exp&#233;rimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, que ce virus soit ou non d'origine naturelle, le fait m&#234;me que la question puisse d&#233;sormais &#234;tre s&#233;rieusement pos&#233;e nous contraint &#224; une r&#233;flexion critique sur les outils et les m&#233;thodes de reconstruction de virus actuellement &#224; l'&#339;uvre dans les laboratoires de recherche, et sur leur usage potentiel dans des exp&#233;riences de &#171; gain de fonction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais ces outils ne sont-ils pas justement les seuls capables de nous permettre de comprendre et combattre les virus et les &#233;pid&#233;mies qu'ils entra&#238;nent ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. Certes, mais il faut bien comprendre qu'en quelques ann&#233;es, les paradigmes de la recherche sur les virus ont radicalement chang&#233;. Aujourd'hui, obtenir ou faire synth&#233;tiser une s&#233;quence g&#233;n&#233;tique est &#224; la port&#233;e de n'importe quel laboratoire : on peut en moins d'un mois construire de toutes pi&#232;ces un virus fonctionnel &#224; partir des s&#233;quences disponibles dans les bases de donn&#233;es. De plus, des outils de manipulation du g&#233;nome rapides, bon march&#233; et faciles &#224; utiliser ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s. Ces outils permettent de faire des avanc&#233;es spectaculaires, mais ils d&#233;multiplient aussi les risques et la gravit&#233; potentielle d'un &#233;ventuel accident, notamment lors d'exp&#233;riences de &#171; gain de fonction &#187; sur des virus &#224; potentiel pand&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il s'av&#232;re que la pand&#233;mie de Covid-19 est finalement le r&#233;sultat d'une zoonose &#171; classique &#187;, plusieurs incidents ayant conduit &#224; des sorties accidentelles de virus depuis des laboratoires ont &#233;t&#233; document&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es. Un des cas les plus connus concerne le virus Marburg, issu d'une contamination par des singes sauvages. La pand&#233;mie grippale de 1977 en est un autre exemple. Des &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques r&#233;centes sugg&#232;rent qu'elle aurait r&#233;sult&#233; de la sortie de laboratoire d'une souche virale collect&#233;e dans les ann&#233;es 1950. Et plus r&#233;cemment, plusieurs sorties accidentelles de SARS-CoV &#233;tudi&#233;s dans des laboratoires ont &#233;t&#233; rapport&#233;es dans la litt&#233;rature, m&#234;me si elles n'ont heureusement donn&#233; lieu &#224; aucune &#233;pid&#233;mie importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les normes internationales imposent que la recherche, l'isolement et la culture de virus &#224; potentiel pand&#233;mique, incluant les virus respiratoires, soient r&#233;alis&#233;s dans des conditions exp&#233;rimentales s&#233;curis&#233;es, avec une tra&#231;abilit&#233; irr&#233;prochable pour &#233;viter toute transmission zoonotique. Toutefois, des accidents peuvent toujours se produire et il est important de se questionner sur la dangerosit&#233; potentielle des exp&#233;rimentations notamment quand elles visent un gain de fonction ou d'infectiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#244;nez-vous un moratoire ou une interdiction de ces recherches ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. Je ne pr&#244;ne pas une interdiction pure et simple ; il ne s'agit pas de st&#233;riliser la recherche, mais de questionner plus strictement le rapport b&#233;n&#233;fice/risque. Une conf&#233;rence devrait peut-&#234;tre &#234;tre organis&#233;e pour &#233;valuer la n&#233;cessit&#233; d'un moratoire ou d'une r&#233;glementation internationale plus adapt&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Tant qu'on n'aura pas trouv&#233; l'h&#244;te interm&#233;diaire, l'hypoth&#232;se d'un &#233;chappement accidentel ne pourra &#234;tre &#233;cart&#233;e par la communaut&#233; scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des risques infectieux que les techniques d'&#233;tude des virus nous font aujourd'hui courir, la soci&#233;t&#233; civile et la communaut&#233; scientifique doivent au plus vite s'interroger sur la pratique d'exp&#233;riences de gain de fonction et d'adaptation artificielle de souches virales dans des h&#244;tes animaux interm&#233;diaires. En 2015, conscientes de ce probl&#232;me, les agences f&#233;d&#233;rales am&#233;ricaines avaient gel&#233; le financement de toute nouvelle &#233;tude impliquant ce type d'exp&#233;riences. Ce moratoire a pris fin en 2017. Ces pratiques &#224; haut risque devraient, &#224; mon sens, &#234;tre repens&#233;es et encadr&#233;es au niveau international par des comit&#233;s d'&#233;thiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les chercheurs de ces domaines doivent &#233;galement mieux prendre en compte leur propre responsabilit&#233; d&#232;s lors qu'ils ont conscience des dangers &#233;ventuels que peuvent g&#233;n&#233;rer leurs travaux. Des strat&#233;gies exp&#233;rimentales alternatives existent souvent pour atteindre les objectifs tout en limitant fortement les risques exp&#233;rimentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'est-ce pas d&#233;j&#224; le cas ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;. D&lt;/strong&gt;. En th&#233;orie, oui. Dans la r&#233;alit&#233;, on est souvent loin du compte, notamment car nous, les scientifiques, sommes insuffisamment form&#233;s sur ces questions. Et parce que le climat de comp&#233;tition qui baigne le monde de la recherche engendre de l'exp&#233;rimentation rapide et tous azimuts, sans r&#233;flexion approfondie sur ces questions d'&#233;thique ou la dangerosit&#233; potentielle de leurs travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mes cours consacr&#233;s &#224; l'ing&#233;nierie virale, j'ai l'habitude de pr&#233;senter &#224; des &#233;tudiants de Master cet exercice th&#233;orique : je leur demande d'imaginer un proc&#233;d&#233; procurant au virus VIH la capacit&#233; d'infecter n'importe quelle cellule de l'organisme (pas seulement les lymphocytes). Ces &#233;tudiants sont brillants, et la plupart sont en mesure de me proposer des m&#233;thodes efficaces, conduisant &#224; la construction de virus chim&#233;riques potentiellement dangereux. Je donne ce cours depuis une dizaine d'ann&#233;es et les &#233;tudiants s'attachent exclusivement &#224; l'efficacit&#233; de la m&#233;thode sans s'interroger une seconde sur les cons&#233;quences potentielles de leurs mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif p&#233;dagogique que je poursuis est de les sensibiliser &#224; ces probl&#233;matiques et de leur montrer qu'on peut dans bien des cas construire des syst&#232;mes exp&#233;rimentaux tout aussi efficaces et permettant de mieux contr&#244;ler les risques biologiques. il faut intervenir d&#232;s la formation, en formant les futurs biologistes &#224; toujours questionner le risque et la pertinence soci&#233;tale de leurs travaux, aussi novateurs soient-ils. &#9830;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.Directeur de recherche au CNRS au laboratoire Architecture et fonctions des macromol&#233;cules biologiques (CNRS/Aix-Marseille Universit&#233;), membre de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de virologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=1304&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Un virus d'origine scientifreak ?&#034;, 8 juin 2020&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=1261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Leurs virus, nos morts &#187;, 22 mars 2020&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=1269&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le virus de la contrainte &#187;, 12 avril 2020&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=1287&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le virus &#224; venir et le retour &#224; l'anormal &#187;, 26 avril 2020&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(textes r&#233;unis dans la Pi&#232;ce d&#233;tach&#233;e n&#176;92)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

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