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	<title>Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre</title>
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	<description>Ce site ouvert par des citoyens grenoblois expose des contributions locales aux d&#233;bats sur des questions globales.</description>
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		<title>Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre</title>
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		<title>Le transhumanisme de Politis (pourquoi je ne suis pas de gauche)</title>
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		<dc:date>2013-09-29T21:56:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Nicolino</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article de Fabrice Nicolino, publi&#233; le 15 septembre 2013 sur son site &#034;Plan&#232;te sans visa&#034; : &lt;a href=&#034;http://fabrice-nicolino.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fabrice-nicolino.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;cho au texte de Hors-Sol et Pi&#232;ces et main d'oeuvre : &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=431&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Politis et le transhumanisme : une autre r&#233;ification est possible&lt;/i&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***
&lt;p&gt; Le transhumanisme de Politis (pourquoi je ne suis pas de gauche)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lecteur, je ne vais pas te prendre en tra&#238;tre : l'article ci-dessous est d&#233;mesur&#233;ment &#233;tir&#233;. Je n'avais pas pr&#233;vu, mais c'est &#233;crit, et si tu as mieux &#224; faire que te perdre dans mes m&#233;andres personnels, je crois pouvoir t'assurer que je comprends. J'insiste : c'est long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pens&#233; ne rien dire sur un extravagant dossier de l'hebdomadaire Politis (ici, le texte complet), en kiosques de fin juillet &#224; fin ao&#251;t pour cause d'&#233;t&#233;. Mais j'ai finalement chang&#233; d'avis. Le groupe grenoblois de critique sociale Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre (PMO) et le groupe lillois Hors-sol en ont fait une critique acerbe, que j'approuve, mais &#224; laquelle je crois devoir ajouter mon grain de sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chronique oubli&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? De transhumanisme. C'est un courant id&#233;ologique qui repr&#233;sente &#224; mes yeux un grand danger. Je l'ai dit de nombreuses fois, et le dr&#244;le, c'est que j'ai &#233;crit sur le sujet une chronique parue en janvier 2002 dans &#8230; Politis (n&#176;682). Il y a dix ans et plus, je peux vous assurer que nous n'&#233;tions que tr&#232;s peu &#224; en parler. Trois, deux, un ? Passons. Voici un extrait de cette chronique : &lt;i&gt;&#171; Avec les transhumanistes, vous ne risquez pas de vous ennuyer, soyez-en s&#251;r. Qui sont-ils ? Une poign&#233;e pour l'heure, mais dont tout permet de penser qu'ils forment l'avant-garde d'une arm&#233;e immense. Le transhumanisme est une sorte de th&#233;orie, n&#233;e chez certains scientifiques et concepteurs de nouvelles technologies. Selon eux, la nature humaine, loin d'&#234;tre inalt&#233;rable, ne cesse d'&#234;tre modifi&#233;e en profondeur par les d&#233;couvertes, le changement, le neuf. Elle est mall&#233;able, &#224; volont&#233; ou presque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or de glorieux horizons se d&#233;couvrent, gr&#226;ce notamment aux nanotechnologies mol&#233;culaires, aux machines intelligentes, aux &#171; m&#233;dicaments de la personnalit&#233; &#187;, &#224; la vie artificielle, &#224; l'extension devenue possible du corps par la machine, etc. Qu'allons-nous faire de ces miraculeuses vendanges ? Mais en profiter, bien entendu, pour sortir de nous-m&#234;mes. C'est l&#224; l'occasion d'aller au-del&#224; - trans - de notre mis&#233;rable enveloppe. De l'audace, de l'audace &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore ceci : &lt;i&gt;&#171; Les plus allum&#233;s [des transhumanistes] envisagent de coloniser l'espace, de r&#233;animer des gens tenus congel&#233;s pendant des dizaines d'ann&#233;es, de repousser la mort si loin qu'on ne la verrait plus ou presque. Les limites, la limite n'existeraient plus : l'anti-&#233;cologie &#187;&lt;/i&gt;. Et enfin cela : &lt;i&gt;&#171; Et place &#224; l'homme nouveau. Sup&#233;rieur ? On aimerait se tromper, mais on croit retrouver des effluves transhumanistes chez des auteurs comme Maurice G. Dantec - r&#233;cemment encens&#233;, jusqu'au grotesque, dans Le Monde - ou Michel Houellebecq. Annoncent-ils une nouvelle pouss&#233;e de r&#233;gression ? Ce serait une mauvaise nouvelle, mais elle n'&#233;tonnerait gu&#232;re &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre transhumanisme est possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque douze ans plus tard, comme le notent PMO et Hors-sol, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; se fend donc d'un dossier consacr&#233; au transhumanisme. Je l'ai lu, bien entendu. Et je comme je connais un peu la chanson, je vois bien quel en est le sens g&#233;n&#233;ral. Malgr&#233; quelques pr&#233;cautions jet&#233;es ici ou l&#224; en travers des textes, ce qui domine est bien une fascination. Le titre de couverture r&#233;sume d'ailleurs au mieux l'&#233;tat d'esprit de ce magazine-l&#224; : &#171; L'homme augment&#233;, c'est d&#233;j&#224; demain &#187;. Oui, une fascination, mais aussi l'acceptation d'un fait pr&#233;sent&#233; comme in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La roue tourne, la machine avance, la science et la technique commandent aux soci&#233;t&#233;s humaines. M&#234;me s'il n'est pas formul&#233; explicitement, je distingue sans mal une sorte de mantra progressiste. L'homme n'accepte pas sa condition, depuis le d&#233;but de sa r&#233;flexion, et recherche en cons&#233;quence de nouveaux outils. &#171; Serions-nous tous d&#233;j&#224; un peu transhumains ? &#187;, se demande avec un petit frisson &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;. Pardi ! Les jeux sont faits. D&#232;s lors, comme avec toutes les saloperies pass&#233;es, il s'agit de composer, d'entra&#238;ner le fatal progr&#232;s dans la bonne direction suppos&#233;e. Laquelle est clairement indiqu&#233;e par un personnage inou&#239;, Marc Roux, pr&#233;sident de l'association fran&#231;aise de transhumanisme Technoprog (AFT). Attention les yeux ! Roux est de gauche. Bien s&#251;r ! C'est un fier &#171; technoprogressiste &#187; qui ne s'interdit rien &#171; en mati&#232;re de progr&#232;s &#187; et clame pour finir : &#171; Un autre transhumanisme est possible ! &#187;. Tu l'as dit, bouffi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, il convient de pr&#233;ciser la nature de mes relations avec &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;. J'ai fait partie de l'&#233;quipe qui a fond&#233; ce journal en 1988. Je suis celui qui, avec Jean-Paul Besset, a tent&#233;, en 1990, de le changer, lui faisant quitter les rives de la gauche - plut&#244;t radicale - pour lui faire aborder celles de l'&#233;cologie. Nous y avons &#233;chou&#233;, pour des raisons trop longues &#224; d&#233;tailler ici. J'ai quitt&#233; l'hebdomadaire &#224; l'&#233;t&#233; 1990, et j'ai repris une collaboration ext&#233;rieure en 1994, r&#233;alisant chaque semaine une page consacr&#233;e &#224; l'&#233;cologie. Et je me suis barr&#233; dans un grand &#233;clat au printemps 2003. L'amusant, c'est que Herv&#233; Kempf, qui vient de quitter &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, o&#249; il estimait ne pouvoir travailler librement, a consacr&#233; un article aux conditions de ma rupture avec &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, totale et d&#233;finitive (voir ci-dessous l'article de Kempf en 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un avis sur Bernard Langlois et Denis Sieffert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, bien qu'anecdotique, m&#233;rite quelques lignes suppl&#233;mentaires. Certains d'entre vous lisent ou, plus s&#251;rement encore, ont lu Politis. Je ne garde aucune amertume de ces ann&#233;es-l&#224;, car &#224; la v&#233;rit&#233;, j'ai toujours pu &#233;crire ce que je voulais, sauf &#224; la fin. Et c'est rare. Mais je savais, et il ne s'agit pas d'un anachronisme de la pens&#233;e, que deux cultures radicalement diff&#233;rentes cohabitaient. La premi&#232;re, h&#233;g&#233;monique, &#233;tait repr&#233;sent&#233;e par Bernard Langlois, talentueux &#233;ditorialiste et tr&#232;s discutable directeur. Bernard est un homme de gauche, ind&#233;crottablement de gauche, et c'est bien son droit. C'est son univers, son pass&#233;, son avenir. Certes oui, l'&#233;cologie compte &#224; ses yeux, mais comme une pi&#232;ce rapport&#233;e, un ajout qui enrichirait les vieilles pens&#233;es. Et non pas comme une fa&#231;on vraiment neuve de penser le monde et ses si nombreux probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me chez Denis Sieffert, l'actuel directeur de la r&#233;daction. Sur un plan personnel, je l'ai toujours trouv&#233; humain - sous ma plume, un vrai compliment -, malgr&#233; quelques vrais d&#233;fauts personnels que je n'appr&#233;ciais pas. Je suis s&#251;r qu'il en a autant &#224; mon sujet. En ce qui concerne sa vision du monde, c'est autre chose. Form&#233; &#224; la terrible &#233;cole des lambertistes (OCI, Jospin, M&#233;lenchon et tous autres), il voit la plupart des questions sous leur angle tactique, pour &#234;tre gentil. L'&#233;cologie n'existe pas. Le courant &#233;cologiste, si. Tout, chez lui, est pass&#233; &#224; la moulinette du rapport de forces et des vieux sch&#233;mas. L&#224; encore, c'est bien son droit. Comme c'est le mien d'&#234;tre aux antipodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seul contre tous (humour)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour l'id&#233;ologie dominante de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;. Une &#233;ternelle resuc&#233;e de propos tenus depuis des d&#233;cennies dans des milliers de gymnases et pr&#233;aux, dans des centaines d'&#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es ou radiodiffus&#233;es. Le public de ce journal est connu : des gens respectables mais vieillissants qui, ayant cru dans la gauche, parfois extr&#234;me, ne parviennent ni ne parviendront &#224; renoncer &#224; leurs illusions. Surtout ne pas les r&#233;veiller ! Oh ne les faites pas lever ! C'est le naufrage. L'autre culture, &#224; Politis, c'&#233;tait moi. Du moins apr&#232;s le d&#233;part d&#233;finitif de Jean-Paul Besset et malgr&#233; le soutien de la journaliste V&#233;ronique Lopez. Je ne dis pas cela pour me vanter : il s'agit d'un fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'avait rien d'un enfer : je crois devoir parler d'une coexistence (le plus souvent) pacifique. On me foutait une paix royale, fortement teint&#233;e d'indiff&#233;rence pour mes articles. Et je faisais semblant de croire que nous &#233;tions d'accord sur l'essentiel, ce qui n'est pas vrai. Car, et j'ai eu l'occasion de le dire au moment de mon d&#233;part en 2003, je ne suis pas de gauche. Eh oui ! c'est comme cela, amis lecteurs : vous lisez la prose d'un qui n'est pas de gauche. Avant que de mettre ma t&#234;te dans la lunette de la guillotine, je r&#233;clame deux minutes suppl&#233;mentaires au(x) bourreau(x). Franchement, la gauche, c'est quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi rude que doive &#234;tre la secousse, je dois dire tout de suite que la gauche est une cr&#233;ation humaine. Elle a son point de d&#233;part historique. Elle dispara&#238;tra, fatalement. Pendant les deux millions d'ann&#233;es de son existence - plus ou moins, le d&#233;bat ne sera jamais clos -, l'Homme s'est totalement pass&#233; de cette invention, qui ne date que de&#8230;1789. Au cours d'une s&#233;ance de l'Assembl&#233;e constituante, cet &#233;t&#233; br&#251;lant-l&#224;, les opposants au veto royal se placent sans y penser &#224; gauche du pr&#233;sident ; et les partisans du roi &#224; sa droite. Il faudrait donc remercier la R&#233;volution fran&#231;aise ? Pas r&#233;ellement. Car la distinction se perd d&#232;s les origines, pour ne s'imposer en France qu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, au moment de l'Affaire. Dreyfus, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et avant la gauche, les gars ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-ce pas un peu f&#226;cheux pour ceux qui se drapent dans le drapeau au moindre souffle d'air neuf ? La Commune de Paris s'est totalement foutue de la gauche, dont elle ignorait l'existence. Fourier, Proudhon, Marx, Bakounine s'en sont tap&#233;s tout autant. Certes, ils n'arrivent pas &#224; la cheville de M. M&#233;lenchon, mais tout de m&#234;me, n'est-ce pas incroyable ? Cessons de rire un instant : la gauche est un mythe, une croyance. Je crache d'autant moins sur cette &#233;vidence que je sais la n&#233;cessit&#233; de fondations psychiques dans toute action humaine d'importance. Donc, une croyance. Une croyance qui a la peau exceptionnellement dure, je m'empresse de l'&#233;crire. Car quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'histoire concr&#232;te de la social-d&#233;mocratie - fran&#231;aise, pour mieux me faire entendre -, on voit avec facilit&#233; que ce courant a pactis&#233; avec le pire sans le moindre &#233;tat d'&#226;me. La politique de ce bon M. Hollande vient de l&#224;. Je cite sans hi&#233;rarchie ni exhaustivit&#233; la d&#233;fense de l'Empire colonial et le racisme institutionnalis&#233; qui l'a toujours accompagn&#233; ; le soutien forcen&#233;, par le biais de l'Union sacr&#233;e, &#224; la vaste boucherie continentale d&#233;clench&#233;e en septembre 1914 ; le refus d'armer le gouvernement l&#233;gal de l'Espagne r&#233;publicaine, en 1936 ; d'innombrables massacres dans des pays soumis, comme &#224; Madagascar ; la torture de masse en Alg&#233;rie, etc. Je passe volontairement sur les ann&#233;es Mitterrand, sommet de la manipulation de masse, au cours desquelles tant de bons couillons auront cru, successivement, et en quelques mois, dans la rupture avec le capitalisme puis dans la r&#233;habilitation de celui-ci, sous la forme d'embrassades avec l'excellent Bernard Tapie et le formidable Silvio Berlusconi. Question imb&#233;cile : un mouvement &#224; ce point &#233;loign&#233; de ses nobles buts constamment proclam&#233;s m&#233;rite-t-il encore le respect ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre branche de ce mouvement socialiste s'appela, &#224; partir de 1920 la Section fran&#231;aise de l'Internationale communiste (SFIC), autrement dit le parti communiste. Comme je ne fais pas une histoire du communisme fran&#231;ais - de nombreux livres disent l'essentiel -, j'en reste &#224; une g&#233;n&#233;ralit&#233; : le parti communiste a une histoire honteuse, ind&#233;fendable. Pour ne consid&#233;rer que l'exemple de la lutte contre le fascisme hitl&#233;rien, qui fait pourtant la fiert&#233; des vieux de la vieille, il est sans conteste que le parti communiste a commenc&#233; par pactiser avec l'occupant &#224; l'&#233;t&#233; 1940. Sur ordre de Staline, on s'en doute. Comme on se doute que, si Hitler n'avait pas envahi l'Union sovi&#233;tique en juin 1941, les staliniens ne seraient jamais entr&#233;s en r&#233;sistance. Tout le reste n'est que propagande. Un mot sur Jacques Duclos, dont la biographie n'a jamais &#233;t&#233; &#233;crite, mille fois h&#233;las.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Duclos et l'Espagne stalinienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duclos a &#233;t&#233; dirigeant du parti communiste pendant un demi-si&#232;cle, de 1926 &#224; sa mort en 1975. C'&#233;tait un homme de l'Apparat international, comme les staliniens appelaient leur vaste appareil policier. Je ne sais pas s'il fut, comme des gens s&#233;rieux le pensent - et parmi eux des historiens - un pur et simple agent du Gu&#233;p&#233;ou/NKVD. Cela expliquerait bien des choses. Et jetterait sur son r&#244;le en Espagne une ombre encore plus terrible. Car Duclos fut l'homme en France de l'Espagne stalinienne, aux c&#244;t&#233;s de l'ordure appel&#233;e Andr&#233; Marty, qui gagna au passage le surnom de boucher d'Albacete. &#192; partir de 1930 - cette date est importante, car elle montre que, d&#232;s cette ann&#233;e, Duclos cornaque l'alors groupusculaire parti communiste espagnol - jusqu'au triomphe franquiste de 1939, le chef stalinien multiplie les voyages au-del&#224; des Pyr&#233;n&#233;es. Qui conna&#238;t l'histoire de l'Espagne de ces ann&#233;es noires - et c'est mon cas - sait ce que signifient ces missions &#224; r&#233;p&#233;tition. Car le parti communiste espagnol a &#233;t&#233; pendant tout ce temps l'auxiliaire de la politique sovi&#233;tique stalinienne en Europe. Laquelle passait, entre 1936 et 1939 par l'enl&#232;vement, la torture, l'assassinat de centaines de militants espagnols, poumistes ou anarchistes notamment, qui d&#233;plaisaient au grand Manitou du Kremlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends d&#233;j&#224; les soupirs. Encore ces vieilleries ! Mais ce type est malade ! Eh bien, je m'en moque totalement. J'ai v&#233;cu &#224; Montreuil, dans la banlieue parisienne, o&#249; une station de m&#233;tro porte encore le nom maudit de Jacques Duclos, cette canaille. Et, tenez, l'ancien maire de Montreuil, qui entend bien reconqu&#233;rir son bien &#233;ternel en 2014 - Dominique Voynet a gagn&#233; l'&#233;lection de 2008 -, s'appelle Jean-Pierre Brard, ancien d&#233;put&#233;. Qui est-il ? Un apparatchik du parti communiste, lui aussi, d'une &#233;poque plus r&#233;cente que celle de Duclos il est vrai. Il a fait l'&#233;cole des cadres du parti, qui &#233;tait dans les ann&#233;es soixante, quand il y fut, le tremplin des carri&#232;res bureaucratiques. Et il a s&#233;journ&#233; en Tch&#233;coslovaquie entre 1969 et 1971, au pire de la r&#233;pression contre le Printemps de Prague. Avant de s'installer en Allemagne de l'Est, patrie de la Stasi et des tirs dans le dos des passeurs de Mur. En bref, quel talent ! C'est cet homme qui s'est pr&#233;sent&#233; aux &#233;lections l&#233;gislatives de Montreuil l'an pass&#233;. Sur une liste Front de Gauche, ce rassemblement de M. M&#233;lenchon. Mais quelle surprise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En m&#233;moire des massacr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons au-del&#224; de nos si petites fronti&#232;res. Je plains - je plains et je maudis - ceux qui, ici, ailleurs, hier, aujourd'hui comme demain, osent absoudre sans rien en conna&#238;tre les crimes sans nom du stalinisme. On ne cesse de me reprocher ce qui serait une obsession, vaguement malsaine. Seulement, il y a erreur : je REVENDIQUE mon obsession de tous ces massacres oubli&#233;s. Je pense, moi, oui je pense aux millions de morts de la famine organis&#233;e par Staline apr&#232;s 1933. Je pense aux peuples innombrables du Goulag. Je pense aux dizaines de millions de morts de l'&#233;poque mao&#239;ste. Il n'y a pas, il ne saurait y avoir la moindre prescription, car je vous rappelle que les crimes contre l'humanit&#233; sont imprescriptibles. Libres &#224; vous, alzheim&#233;riens volontaires, de vous sentir quittes de ces flots de sang. Libre &#224; moi de vous consid&#233;rer comme complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est plaisant de constater que les hommes de gauche, et par exemple ceux qui dirigent Politis, se sont toujours r&#233;clam&#233;s d'une philosophie de l'Histoire - dans le pass&#233;, elle se voulait scientifique - sans seulement comprendre ses le&#231;ons les plus &#233;videntes. Parmi elles, la diff&#233;rence constante, flagrante, indiscutable entre l'adh&#233;sion &#224; des valeurs et la soumission &#224; l'id&#233;ologie. Je le r&#233;p&#232;te : la gauche est toute r&#233;cente, mais les combats &#233;mancipateurs sont de tout temps. Aussi bien, comment classer la r&#233;volte somptueuse des paysans de M&#252;nster (ici), qui a commenc&#233; en 1524 ? La vulgate progressiste, c'est-&#224;-dire cette mani&#232;re tellement de gauche de consid&#233;rer l'Histoire comme la marche plus ou moins lin&#233;aire du progr&#232;s, cette vulgate consid&#232;re toujours le luddisme (ici), ce mouvement anglais des briseurs de machines industrielles, comme r&#233;gressif. Pardi ! Il s'opposait &#224; la prol&#233;tarisation des paysans et artisans, annonciateur, selon les Saintes &#201;critures, de la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re. Il &#233;tait donc r&#233;actionnaire, pas vrai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement et des valeurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; veux-je en venir ? Mais voyons, n'est-ce pas &#233;vident ? J'ai constamment d&#233;fendu, au long de ma vie, des valeurs qui m'accompagneront au tombeau. Et ce sont, je le crois, des valeurs universelles, qui m'auront aid&#233; &#224; vivre dignement. M'auraient-elles conduit &#224; mourir ? En tout cas, je suis vivant. Et bien plus, je le crains pour eux, que tant de pantins et de polichinelles qui se r&#233;clament de la gauche chaque fois qu'ils ouvrent la bouche. Non, d&#233;cid&#233;ment non, je ne suis pas de gauche. J'appartiens &#224; une vaste Internationale confuse, qui trouvera ou non sa voie. Qui se cherche en tout cas, qui se reconna&#238;t parfois en ce qu'elle remet en cause la totalit&#233; des formes politiques n&#233;es de l'industrialisation du monde. La droite, cela va sans dire. Mais la gauche tout autant, qui fait semblant d'aller en direction de l'&#233;cologie, comme M. M&#233;lenchon chez nous, alors qu'elle ne fait que passer une couche de peinture verte sur les vieilles harangues. N'est-il pas &#233;vident que les m&#233;lenchonistes - et nul doute que Politis est m&#233;lenchoniste - font du greenwashing, de m&#234;me que la Shell ou EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;sume, et que personne ne rie, car je r&#233;sume vraiment. La gauche est une vieille chose, associ&#233;e &#233;troitement au processus de la destruction du monde. Une autre culture &#233;merge des d&#233;combres, qui suit un chemin difficile, h&#233;sitant, fatalement long. La premi&#232;re est morte. La seconde reste fragile, mais elle d&#233;borde d'&#233;nergie, et comme elle est le seul avenir concevable, pour le moment du moins, il faut lui souhaiter de grandir au point de dominer culturellement le monde. Car c'est de la culture profonde des humains que surgiront d'&#233;ventuelles solutions. J'ai choisi depuis longtemps, et ma rupture avec Politis, si ancienne d&#233;j&#224;, ne saurait &#234;tre plus totale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'article paru dans Le Monde au moment de mon d&#233;part de Politis en 2003&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le regard &#233;cologiste sur les retraites d&#233;chire &#171; Politis &#187;, par &lt;br class='autobr' /&gt;
Herv&#233; Kempf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'&#233;dition du 19.06.03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part du chroniqueur &#233;cologiste, un des fondateurs de l'hebdomadaire de la gauche mouvementiste, r&#233;v&#232;le la r&#233;sistance de la culture de gauche &#224; l'&#233;cologie. Croissance &#224; tout prix contre environnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PEUT-ON critiquer dans un journal de gauche l'opposition &#224; la r&#233;forme des retraites ? C'est apparemment difficile, comme le manifeste la crise ouverte &#224; Politis par son chroniqueur &#233;cologiste, qui s'est traduite par son d&#233;part volontaire, expliqu&#233; dans le n&#186; 755 de l'hebdomadaire de la gauche mouvementiste. Mais l'affrontement entre caract&#232;res fougueux est, bien plus qu'une p&#233;rip&#233;tie de r&#233;daction, le r&#233;v&#233;lateur d'un foss&#233; entre la gauche et l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout part du 8 mai, quand Fabrice Nicolino, un des journalistes de Politis depuis sa fondation en 1989, aborde dans sa chronique hebdomadaire le d&#233;bat sur les retraites : &#171; Nous sommes - grosso modo 500 millions d'habitants du Nord - les classes moyennes du monde r&#233;el. Nous consommons infiniment trop, et pr&#233;cipitons la crise &#233;cologique, jusqu'&#224; la rendre peut-&#234;tre - probablement - incontr&#244;lable. Tandis que quatre &#224; cinq milliards de ceux du Sud tiennent vaille que vaille avec deux ou trois euros par jour, nous vivons de plus en plus vieux, et ne travaillons pour de vrai qu'&#224; partir de 23 ou 25 ans. La conclusion s'impose : ne touchons surtout &#224; rien ! &#187; Et d'enfoncer le clou : &#171; Le syndicalisme, f&#251;t-il d'extr&#234;me gauche ou pr&#233;tendument tel, est devenu r&#233;actionnaire. O&#249; trouve-t-on la moindre critique de la prolif&#233;ration d'objets inutiles et de l'hyperconsommation ch&#232;re &#224; tant de retrait&#233;s ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article agit comme une d&#233;charge &#233;lectrique sur nombre de lecteurs, qui envoient des lettres indign&#233;es, publi&#233;es dans le num&#233;ro du 22 mai : &#171; Croyez-vous que la paup&#233;risation des retrait&#233;s va permettre de r&#233;soudre le d&#233;r&#232;glement climatique ? &#187;, interroge Marl&#232;ne Ribes. &#171; En quoi serait-il pr&#233;f&#233;rable, pour se questionner et agir sur l'avenir de la plan&#232;te, la situation des pays du Sud, etc., de travailler plus longtemps, d'avoir des revenus diminu&#233;s de 30 &#224; 40 % ? &#187;, questionne Chantal Jouglar. Et d'autres de pester : &#171; C'est d&#233;plaisant de lire dans Politis des propos dignes du Figaro &#187;, regrette Odile Horn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussions enflamm&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me num&#233;ro, Fabrice Nicolino pr&#233;cise sa position, sans l'affadir : &#171; Je ne serai plus jamais solidaire avec ceux qui, ayant &#171; conquis &#187; la t&#233;l&#233;, la voiture individuelle, le magn&#233;toscope, la cha&#238;ne hi-fi, le t&#233;l&#233;phone portable et le lecteur DVD, se pr&#233;parent &#224; de nouvelles campagnes d'hyperconsommation. &#187; Evoquant la crise &#233;cologique globale, le journaliste affirme : &#171; Le mouvement syndical, en &#233;tant incapable de relier ses revendications, que je ne conteste pas dans leur principe, &#224; ce drame qui domine et conditionne l'&#233;poque - les menaces sur la vie -, est devenu fondamentalement r&#233;actionnaire. (&#8230;) Ceux qui se battent pour le maintien de leur situation personnelle, souvent privil&#233;gi&#233;e sur le plan personnel, sans remettre en cause nos mani&#232;res concr&#232;tes de vivre et de gaspiller ont tort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En interne aussi, le d&#233;bat a provoqu&#233; des discussions enflamm&#233;es en comit&#233; de r&#233;daction. Denis Sieffert, directeur de la r&#233;daction, a expliqu&#233; avoir dit au perturbateur que les termes de &#171; &#8220;criailleries corporatistes&#8221; ressortissaient au vocabulaire lib&#233;ral &#187;. La discussion a &#233;t&#233; vive et elle a conduit Fabrice Nicolino &#224; choisir de quitter l'hebdomadaire. Politis a publi&#233; une nouvelle explication de son ex-collaborateur, ainsi que des lettres de lecteurs approuvant son approche. L'un d'eux, Philippe Drion, &#171; salue son courage pour oser aller &#224; l'encontre d'une sorte de pens&#233;e unique, commune &#224; presque toute la classe politique fran&#231;aise, qui affirme que notre bonheur doit imp&#233;rativement passer par plus de croissance, plus de productivit&#233;, plus de pouvoir d'achat et donc plus de consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure tut&#233;laire du journal, Bernard Langlois, ironise par contre sur &#171; les adieux de Fontainebleau d'un collaborateur de ce journal qui s'&#233;rige en porteur de la vraie croix &#233;cologiste &#187;, tout en reconnaissant que la gauche est &#171; encore beaucoup trop marqu&#233;e par le culte du progr&#232;s, de la croissance &#187;. Mais cette gauche peut-elle accepter de proclamer la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire la consommation mat&#233;rielle, un imp&#233;ratif qui reste au coeur de l'approche &#233;cologiste ?&lt;/p&gt;

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