Devant, et sur les flancs

samedi 27 décembre 2014 par Pierrette Rigaux

Certains mouvements de contestation relèvent à la fois du général et du local. Il y eut la vague anti-nucléaire entre 1975 et le début des années 1980, où l’on ne parlait que de Plogoff, Golfech, Malville, Chooz, etc. Il y eut la vague anti-OGM à la fin des années 1990, après le saccage du laboratoire du CIRAD à Montpellier, avec tous les faucheurs diurnes ou nocturnes dans les champs de chimères génétiques. Depuis deux ans, ce sont les "grands projets inutiles" qui mobilisent autant de ZAD (zones à défendre) d’un bout à l’autre de la France (Notre-Dame des Landes, Sivens, Avignon, Roybon) à la suite du Val de Suse en Italie (TGV Lyon-Turin).

Ce n’est pas mépriser ces vagues de luttes que de constater leur reflux et leur échec à peu près général. Ce qui est plus difficile, c’est d’être capable, dans le feu de l’action, d’en pénétrer les contradictions et les possibles issues malheureuses. Depuis des mois et davantage encore depuis la mort de Rémi Fraisse à Sivens, le mouvement des ZAD et des zadistes sécrète une pléthorique littérature, tant dans la presse commerciale que sur les sites alternatifs (nous avons nous-mêmes publié quelques textes de Henri Mora sur les Chambarans, écrits bien avant l’occupation des lieux). Même Libération (26/12/14) est capable de pontifier sur la “nouveauté” du phénomène et la répartition tacite des rôles entre les associatifs (alias citoyennistes) en charge de la contre-expertise et des recours judiciaires, et les zadistes (alias radicalistes), en charge de l’action directe et de l’occupation du terrain. De là à voir dans les associatifs d’anciens activistes et dans les activistes de futurs associatifs...

Cependant, ce texte de Pierrette Rigaux, "Devant, et sur les flancs", se distingue du flot par une acuité d’analyse d’autant plus remarquable qu’elle s’exerce sur le vif. On sait comment les squatteurs ont souvent servi d’avant-garde artistico-politique à la gentrification de quartiers populaires. Comment éviter que la ZAD et les zadistes ne servent de pionniers à l’invasion des écotechs du Parti du Progrès dans les campagnes ? Comment ne pas servir de défricheurs aux gentrifieurs et technificateurs des métropoles voisines ? Comment déjouer les ruses de l’Histoire ?

Pierrette Rigaux participe au mouvement contre le Center Parcs de Roybon, dans la forêt des Chambarans.

Pour lire le texte, cliquer sur l’icône ci-dessous.

Lire aussi :

- Action de désobéissance civile dans les Chambarans

Et de Henri Mora :

- La mauvaise saison
- Les vérités qui dérangent parcourent des chemins difficiles
- Des ordures dans le couloir
- On finit par avaler sa salive
- Chambarans : correspondance entre H. Mora et JF Noblet, conseiller technique du Conseil général de l’Isère
- Dans les Chambarans... (suite)


Devant et sur les flancs
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