Jean Brun et Ivan Illich - Notre Bibliothèque Verte (n°14 & 15)

samedi 17 octobre 2020 par Renaud Garcia

L’un est inconnu, l’autre est méconnu. L’un est protestant et l’autre catholique. Les deux poussèrent la critique de la Machine – du culte et de l’idolâtrie de la Machine - jusque dans leurs fondements métaphysiques (« désir », volonté de puissance) ; et fortifièrent par cette critique, l’autonomie philosophique du courant anti-industriel, à l’écart et contre les pseudo-critiques – heideggerienne, structuraliste et sous-marxiste.
C’est une lectrice qui nous a écrit au printemps dernier, après un entretien consacré à Bernard Charbonneau (ici) : s’il vous-plaît, pourriez-vous parler aussi de Jean Brun ? C’était un proche de Ivan Illich et il a fait des livres importants.
La lectrice avait raison. Renaud Garcia a lu Jean Brun et il nous donne maintenant l’envie passionnée de le lire à notre tour. Merci lectrice, et voyez comme c’est simple. Il suffit de demander et notre bibliothécaire effectue les recherches pour vous et pour les intéressés.

Quant à Ivan Illich qui fut passagèrement le maître à penser des écologistes des années 70, jusque dans les colonnes du Nouvel Obs et aux éditions du Seuil, considérablement pillé, plagié, trahi, nous lui devons parmi d’autres concepts devenus classiques, ceux de « convivialité » et de « contre-productivité » - vous verrez, c’est d’une lumineuse évidence, et une fois qu’on a compris, on ne voit plus jamais l’économie et les économistes d’un œil perplexe. Un autre lecteur nous demande de signaler également Le Genre vernaculaire, un livre mis à l’index et au bûcher par certains féministes depuis sa parution en 1983. C’est fait. Lisons les livres au lieu de les interdire. Lisons-les nous-mêmes, d’abord, et faisons-nous notre propre opinion, avant de les blâmer et proscrire suivant la ligne du Parti, le prêt-à-penser du moment ou le dernier caprice de Camille.

Mais une mélancolie nous envahit. Tant de livres, si peu de temps. Quel poseur ! Quel peine-à-jouir ce Mallarmé avec son fameux vers : « La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. » Voilà bien un poète pour illettrés asexuels.
Eh bien, pas nous, et la chair est joyeuse, pourvu qu’on n’appartienne pas à quelque secte néo-puritaine, à voile ou à capuche. Et si vous jugez cette notice trop brève, lisez Ivan Illich. L’homme qui a libéré l’avenir, de Jean-Michel Djian, qui vient d’être publié au Seuil (240 p. 19 €). Comme on ne l’a pas encore lu, vous nous direz ce que ça vaut.

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