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Tout ce que nous cachent les élections municipales

dimanche 8 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

Autrefois notre ville s’appelait Cularo, et ses habitants, les Allobroges. Elle a bien changé en 2000 ans, et nous ne ressemblons plus guère aux Allobroges. Nous sommes aujourd’hui des Grenopolitains, résidents de la métropole de Grenopolis.

Ces pages racontent comment Cularo est devenue Grenopolis. C’est l’histoire d’un site de production où se vendent les biens produits - le marché originel devenu "pôle urbain" - et de la piste, devenue réseau routier, qui sert au transport et à l’échange de ces produits.
Le site et la piste, le pôle et le réseau, forment un cercle vicieux, suivant une perpétuelle spirale croissante. Tantôt les besoins (spontanés ou planifiés) du pôle l’amènent à étendre son réseau (ses réseaux), tantôt les besoins du réseau l’amènent à grossir son pôle (ses pôles). La résultante de leur duo et de leur duel est bien celle qu’on nous enseigne sous le nom de "sens de l’histoire" et qui, en 12000 ans, a changé une population globale de 5 millions de chasseurs-cueilleurs en 11 milliards d’internautes d’ici la fin du siècle.

On ne se fait guère d’illusions. Les Grenopolitains veulent une Mère Machine qui les nourrisse et les punisse du berceau au tombeau, et les délivre du souci d’eux-mêmes. Mais quand la chaleur monte et que la cuvette commence à bouillir, les Grenopolitains s’alarment. Ils veulent une Mère Machine, oui, mais une machine Verte, qui les nourrisse toujours plus, pour toujours plus de résidents, mais sans chauffer ni les cuire. Mais il n’y a pas de machine Verte, ça n’existe, ça ne peut exister que dans les rêves des Grenopolitains et les discours de ceux qui leur mettent ces rêves dans la tête.

Il serait donc vain de jouer au Canard enchaîné, et de traquer, même pour en rire, les ridicules, les impostures, l’arrivisme de chaque candidat - et croyez bien que, rien que pour Piolle, le"maire écologiste", nous en avons trop plein. Ce qui nous intéresse lors de ces élections municipales de 2020, ce dont personne ne parle, c’est l’accélération brutale, l’extension et l’intensification de la machinerie urbaine, sous couvert de "transition écologique et numérique", de "technologies vertes" et de de "rationalisation administrative et économique". La transformation de Grenoble, de la Métro, du Pays voironnais, du Grésivaudan et jusqu’à l’Oisans, presque, en Grenopolis : un seul et même pôle urbain, créé et structuré par ses réseaux de transport et d’énergie.
Ainsi le cliché de la pieuvre urbaine et tentaculaire, dévorant les faubourgs et les campagnes environnantes, se ranime sous nos yeux et retrouve sa vérité, si usé soit-il.

Inventaire

• 2000 ans d’histoire. Cularo est devenu Grenopolis.
Qu’est-ce qu’une métropole. (p. 1 à 5)

• La métropole, technotope de la technocratie.
Qu’est-ce que la technocratie (capitaliste ou communiste). (p. 5 à 12)

• Les technocrates planifient la croissance urbaine et
l’absorption des communes. (p. 13 à 22)

• La ville-centre devient le nouveau centre-ville. (p. 22 à 30)

• La cuvette déborde. Dialectique du pôle et des réseaux. (p. 31 à 40)

• Le tram agrandit la ville. (p. 40 à 48)

• La Métro nous enferme dans la smart city. (p. 48 à 54)

• Eric Piolle, le maire technologiste. (p. 54 à 56)

• Les Grenouilles veulent une ville-machine. (p. 56 à 60)

• Lexique (p. 61)

• Personnages (p. 62)

• Pour en lire plus (p. 64)

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